Sur Internet, le chat est partout. Il se faufile dans des boîtes en carton, se déguise en ninja, fait du piano. Sur Youtube, les vidéos qui le mettent en scène explosent en terme de nombre de vues. Si vous voulez mon avis, bientôt, le chat dominera le monde.

Hier soir, alors que je fainéantais sur Internet (vous le savez, une de mes préoccupations favorites), une vérité claire et absolue m’a subitement sauté aux yeux: Internet n’est pas dominé par qui on croit. Cette véracité est venue bouleverser toutes sortes de certitudes que je pensais – jusqu’alors – inébranlables.

Je m’explique.

Vous savez tout comme moi que pour l’utilisateur lambda, le web est un univers à la fois simple et intriguant. On pousse sur un bouton. L’ordinateur s’allume. On se connecte (on ne sait pas trop comment ni à quoi), et voilà qu’on se retrouve sur la toile, à causer avec des potes, à faire du shopping en ligne et à recevoir toutes sortes d’informations (pas toujours très intéressantes). François Hollande est infidèle. Obama rogne les pouvoirs de la NSA. Schumacher est toujours dans le coma. Et blablabli, et blablabla.

Pour moi, Internet, c’est hyper pratique et pas trop compliqué à utiliser tant que je ne me pose pas de questions sur son fonctionnement interne. M’acheter une paire de bottes: facile. Confectionner un petit bricolage sur Photoshop ou poster une vidéo sur Youtube: très bien.

Mais ne me questionnez pas sur les tenants et aboutissants de tout ce mic mac: vous ne récolterez qu’un long silence.

Où sont stockées les infos? Est-ce que la base de données ressemble à une bibliothèque géante? Comment fonctionnent les robots des moteurs de recherche? C’est quoi une adresse ip?

Et puis, qui domine Internet?

… je n’en sais rien.

Peut-être l’économie américaine. Peut-être Bill Gates. Peut-être les Anonymous. Peut-être tout ça à la fois. Je ne sais pas.

Enfin, je ne savais pas. Car aujourd’hui (et après une très courte recherche sur le net), je suis en mesure de vous dire très exactement et avec une certitude quasi absolue qui dirige Internet. Et croyez-moi, ce ne sont ni les Américains, ni le e-commerce, ni même Google. Non. C’est beaucoup plus simple que cela.

Internet est dominé par les chats.

Oui, du chat. Cet adorable petit félin arrogant et manipulateur dont les besoins de sommeil quotidien frôlent les 18 heures et qui – le reste du temps – s’attelle à réaliser toutes sortes de choses très bêtes telles que: errer, s’exciter sur un morceau de plastique, se faire un kiff en mangeant un sac poubelle, fixer un point sur le mur pendant minimum 10 minutes.

Le chat est le roi de la jungle Internet.

Le matou est partout. Il se déguise, se faufile, s’énerve, s’incruste. Il joue à 1,2,3 piano, se coiffe d’un demi morceau de citron, se fait emballer comme un burrito ou se retrouve coincé dans une boîte en carton. Et le voilà qui engendre des succès viraux phénoménaux. Les vidéos de chats sur Internet cartonnent.

Very Angry Cat (traduisez par “Chat Très Fâché”) comptabilise plus de 86 millions de vues sur Youtube!

Mon chat à moi s’appelle Mozart. Il est trop choupinet avec ses longs poils blancs et gris et son petit air innocent. Je voudrais bien en faire une star du net.

Mais non.

Mozart ne joue pas de piano. Mozart n’a aucun talent. Il est gros. Et fainéant. Il ne fait jamais rien d’intéressant. Quand il n’est pas occupé à dormir dans une armoire, il regarde sottement sa souris en mousse qui fait pouic pouic. Et il s’encourt au moindre bruit qu’elle émet.

Allez faire de cette poule mouillée une coqueluche du web

Bon, j’exagère un tantinet en le dénigrant de la sorte. Mozart n’est pas qu’un gros nullard. Il a aussi quelques points forts. D’ailleurs, si dans le monde des chatons il existait un emploi vacant pour la fonction de Ministre du Mépris, il obtiendrait tous les suffrages.

Je me suis encore fait la réflexion hier.

Alors que j’étais dans le canapé en train de feuilleter un magazine, Mozart, de son air insolent, a sauté sur le fauteuil.

- Salut, moi c’est Mozart, je suis génial et je me la pète. Je marche où je veux, je fais ce que je veux. Je suis le roi de la jungle internet.

- Mozart dégage! Tu vois pas que tu me marches dessus? Rhoooo, tu fous ta queue devant ma revue, j’sais plus rien lire. Dégaaaaaaage!

Mozart s’arrête. Tend l’oreille.

- Hein? Qui a parlé? Quelqu’un a dit quelque chose?

Et tranquillement, il reprend sa marche, s’immobilise au milieu du fauteuil et se couche sur mes orteils, m’obligeant à pousser mes pieds de 20 centimètres.

Pour mon chat, je suis invisible.

Il faut dire que Mozart a toujours fait semblant de ne pas m’entendre. J’ai beau m’égosiller, il ne veut jamais descendre du fauteuil, ne vient jamais près de moi quand je l’appelle pour lui faire un calin et ne sort jamais dans le jardin quand j’entrebaîlle la fenêtre pour qu’il aille voir dehors si j’y suis. Par contre, pour reconnaître à 100 mètres le pssssssssssht de la boîte de conserve au saumon que j’ouvre pour lui dans la cuisine, il n’y a jamais A-u-c-u-n-P-r-o-b-l-è-m-e.

Mozart met ses priorités.

Et je me demande alors: comment un être aussi égoïste peut-il être proclamé roi du web?

Malgré son arrogance prononcée et son entêtement assumé, le chat plaît. D’aprés les spécialistes, sa grosse tête et ses grands yeux (qui rappellent les proportions d’un bébé) y seraient pour quelque chose. Ajouter à cela le fait que le chat est facile à prendre en photo et qu’il parvient facilement à adopter des postures humaines, et vous obtenez des succès viraux phénoménaux. En fait, le chat et les chatons ont toujours plu. Ils fascinaient déjà les Egyptiens qui l’érigeaient en statue et qui le momifiaent.

Quelle idée…

Sur Internet, le chat crée du lien. Il fédère autour de lui une communauté à qui il permet de partager, de communiquer. Les propriétaires de chiens se retrouvent dans les parcs. Les propriétaires de chats, eux, ne se rencontrent jamais dans la vraie vie. Essayez seulement de promener un chat en laisse…

Et puis, quelque part, si le chat plaît autant c’est parce que secrètement, on aimerait tous être à sa place, lui qui représente l’incarnation parfaite de la liberté et de l’autonomie. Il se loge et bouffe gratos tout en ne foutant rien de ses journées… Le plan!

A l’heure où j’écris ces quelques lignes, Mozart se trouve devant moi et s’approche de sa souris en mousse.

Pouic pouic

Le voilà qui détalle.

… Pffff…

Les Egyptiens avaient raison avec leur histoire de momification.

Il n’y a définitivement que cela qui fera de Mozart le chat le plus célèbre d’internet.


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L’illustration du minou trop choupinet est de Philippe Ruelle. Merci à lui!

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