C’est la Saint Valentin. Le monde vit au rythme de l’amour. Il y a du velours rouge et des coeurs partout. Les couples s’aiment, les célibataires dépriment. Cupidon est un con.

14 février. Love is in the air. Tous les couples amoureux roucoulent de bonheur et se concoctent des moments à base de regards tendres, de câlins et de petits mots doux susurrés à l’oreille. Les vitrines des magasins sont envahies de boîtes de chocolats, d’ours en peluche, de chandelles et de bouquets de fleurs. À tous les coins de rues, l’ambiance est au rouge vif, au rose framboise, à l’amour et à la passion.

Les publicitaires se frottent les mains. Les bijoutiers et fleuristes jubilent.

Ça dégouline de romantisme de partout. C’est beau, c’est plein de sentiments, de désir, de plaisir, de tendresse. C’est joli, et pourtant.

Le 14 février ne fait pas que des heureux. Pendant que les amoureux s’affairent à rendre leur journée inoubliable, des millions de célibataires dans le monde désespèrent. Le 14 est une journée de dépression, de morosité, de remises en question. « Je déteste les couples »; « Je ne trouverai jamais personne »; « Je suis trop vieille, trop grosse, trop moche»; « Personne ne voudra jamais de moi et puis je ne sais même pas où je pourrais rencontrer quelqu’un.»

Ambiance.

Le 14 février, les personnes seules sont au bord du gouffre. En overdose totale de velours rouge, de petits cœurs et autres insoutenables décorations romantiques qui leur renvoient en pleine figure que cette année encore, elles sont seules.

Le 14 février, pour les célibataires du monde entier, Cupidon est un con.

Pourtant, durant les 364 autres jours de l’année, le célibataire assume pleinement son mode de vie et son statut civil. Le 14 février ne devrait tout simplement pas exister. Le célibataire se coucherait le 13 et ne se réveillerait que le 15. Cette perspective lui éviterait la vue de tous ces couples amoureux et niais, les phrases inquiètes de sa mère qui s’en fait de le voir mener une vie en solo depuis un brin trop longtemps, les questions curieuses de ses collègues de boulot.

« Tu fais quoi toi ce soir pour la Saint Valentin… ? »

Des économies, crétin.

Le 14 février, la personne seule n’a bien souvent qu’une seule envie : s’apitoyer sur son sort. Aller marcher le long d’une rive brumeuse, shooter dans un caillou ou dans une ordure qui traîne sur son chemin, regarder l’horizon et pousser un long soupir de désespoir. Puis, rentrer à la maison, revêtir son pyjama le plus improbable, se mettre un sac sur la tête, avaler 1kg de crème à la glace en chantant de toutes ses forces – et guidé par la toute-puissance de ses désillusions – « All by myself » de Céline Dion.

Le 14 février, pour les célibataires, Cupidon est un con. Et Bridget Jones un modèle.

Heureusement, il existe des solutions.

Plutôt que de noyer son chagrin dans la vodka, les comédies romantiques, le Nutella à la petite cuillère ou autres énormes pots de crème fraiche, le célibataire dépressif devrait se rappeler deux-trois principes de base:

Le célibat est courant.

La Belgique compte plus de 1.5 millions de célibataires. Et 5,3% de la tranche 40-70 ans de la population n’a jamais connu de relation stable*. Cupidon fait mal son travail, on l’a déjà dit plus haut.

Le célibataire est libre.

Aucun compte à rendre. Aucune pression concernant l’épilation. Pas de cadeaux à acheter (à noter que chaque année, les amoureux dépensent en moyenne 57€ en cadeau de Saint Valentin.) Dans son lit, le célibataire dort du côté qu’il préfère, éteint la lumière à l’heure qui l’arrange. Il a moins de vaisselle, peut porter des Uggs fourrées et des pulls difformes s’il en a envie. Le mot « concession » n’existe plus et sa vie n’appartient qu’à une seule personne: lui-même.

La Saint Valentin est une fête de la débauche.

À l’origine, la Saint Valentin était une fête réservée aux célibataires. Le 14 février, un cache-cache géant était organisé dans le village. Les jeunes filles célibataires se cachaient aux alentours du village et se mariaient, dans l’année, avec le garçon qui les avait découvertes. Une idée à creuser, peut-être.

La Saint Valentin est une fête ringarde.

De nombreux couples ne fêtent pas la Saint-Valentin. Pire, ils l’exècrent. Moins d’1 Belge sur 5** prévoit de la fêter cette année. Beaucoup pensent que cette fête commerciale n’est qu’un prétexte pour en foutre plein les poches des commerçants, médias et publicitaires. C’est sûr, ce n’est pas aujourd’hui que les fleuristes se plaindront de la crise.

Le célibat est un véritable phénomène de mode.

Être seul, c’est branché! Le célibataire attire toutes les convoitises et est le héros de nombreuses séries TV (Sex and the City, par exemple). Être célibataire est synonyme de sorties, de liberté, d’aventure, de non-conformisme. Le célibataire est une personne très au fait des nouvelles tendances, amateur de culture et d’art. Il prend soin de son corps et sa philosophie de vie se résume en deux mots : liberté et aventure. Amazing!

Si malgré tout cela, la Saint Valentin vous procure encore quelques allergies, pensez à prendre des vacances du côté de l’Ouzbékistan. La fête des amoureux y est interdite.

Et Cupidon ne pensera sans doute pas à vous y rejoindre, il est con.

Ah bon, je l’avais déjà dit?


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