Nous appartenons tous à une génération qui influence nos comportements, notre manière de nous habiller, d’écrire, de parler. Cette génération a même du poids sur notre humour. Ma génération, c’est la Y. Caractéristiques principales? Grandes mèches sur le côté, pantalons au milieu des fesses, nouvelles technologies, kikoo lol et autres figures de style à toutes les sauces.

L’autre jour, j’étais dans le métro. Assise sur une banquette dans le fond du wagon, j’observais un groupe de jeunes. Ils n’avaient pas 20 ans. Visiblement de fort bonne humeur, ils riaient, se bousculaient, éclataient de rire, se chamaillaient et puis se réconciliaient à grand renfort d’accolades chaleureuses. C’était touchant. Ils étaient jeunes et beaux. Frais. À la mode. Je me suis dit que la vie avait changé et qu’à leur âge, je n’avais certainement pas autant de classe avec mes pulls trop larges et mes vieilles bottines de mec. Je n’avais pas d’iPhone, pas de Ray Ban, et passé 20h30, les coups de fils sur le fixe avec les copains, c’était terminé. Je ne pianotais pas sur un ordi portable, n’écoutais pas de musique sur Youtube, m’empressais d’enregistrer mes chansons préférées sur des K7 lorsqu’elles passaient à la radio (il manquait toujours le début), courrais tous les jours chercher le courrier en espérant apercevoir mes nom et prénom sur une enveloppe et devais attendre minimum 5 jours pour découvrir les photos de vacances (souvent ratées pour cause de doigt devant l’objectif) que j’étais consciencieusement allée faire développer chez le photographe.

Ah ça non, la vie n’était pas comme aujourd’hui.

Perdue quelque part dans mes pensées entre le souvenir des yeux bleus de Kurt Cobain, de mon premier Game Boy, et des répliques cultes de « Maman j’ai raté l’avion » (« En attendant j’vais quand même te filer quelque chose Snakes. Tu va avoir droit à 10 ptites secondes pour déplacer ton gros cul dégueulasse hors de chez moi, sinon je te plombe les boyaux avec du calibre 12 ! »), je me suis soudain sentie très vieille. J’ai regardé les jeunes, saisi mon sac et me suis levée en me demandant si j’étais devenue vieille et conne ce qui me séparait tant de leur génération.

Rentrée chez moi, je me suis précipitée sur l’ordinateur le plus proche. J’ai rapidement tapé sur Google tous les mots-clés qui me passaient par la tête: « génération-mèche-Justin Bieber-30 ans-être vieille ». La réponse n’a pas tardé à se faire connaitre. Et elle m’a plu. Car avec elle j’ai découvert qu’en vérité, RIEN ne me sépare de cette génération de technophiles. D’après les experts et selon ma date de naissance, j’en fais moi-même partie. Au placard crèmes antirides, cures de jouvence et autres cours d’informatique pour rester dans le coup. Les stigmates du temps n’ont encore aucun effet sur moi : je suis jeune.

Yes !

En approfondissant mes recherches sur Google, j’ai appris que nous appartenons tous à une génération qui influence nos comportements, notre manière de nous habiller, d’écrire, de parler. Cette génération a même du poids sur notre humour.


Ma génération à moi, c’est la génération Y.

Pourtant fort contente de ma trouvaille, Google m’a saboté le moral en m’apprenant que la génération Y est un concentré de personnes individualistes, impatientes et indisciplinées, incapables de se projeter dans l’avenir. Oui, rien que ça.

Pour m’auto-consoler, je me suis dit que ce Jacques Dupont qui avait si fièrement apposé sa signature au bas de l’article devait certainement être de la génération des baby boomers et que, frustré de ne plus être à la page, il racontait beaucoup de conneries.

Le paragraphe suivant m’a, par contre, beaucoup plus intéressée. Jacques Dupont y expliquait que les jeunes technophiles de la génération Y sont très instruits et inventifs. Ils s’interrogent sans cesse, remettent tout en question et ont l’habitude de manifester leurs opinions (ce qui perturbe grandement les générations précédentes).

Les Y sont interconnectés. Enfants du divorce, les relations humaines sont très importantes pour eux et ils fonctionnent selon le mode de la tribu.

Leur crédo ? Carpe Diem.

Et leur caractéristique principale: la facilité toute particulière avec laquelle ils utilisent les nouvelles technologies. Il est vrai que les 30 ans et moins sont pratiquement nés avec une souris dans la main. J’ai moi-même grandi dans un monde ou l’ordinateur et Internet ont connu, au fil des ans, une accessibilité grandissante.

En tant que native de la Génération Y, mes connaissances en informatique sont donc plutôt correctes. Je tweete, réseaute, textotte, tape à l’ordinateur sans regarder mes doigts, connais bon nombre de raccourcis clavier, tiens un blog, me sers de Photoshop et possède un compte Youtube sur lequel je poste des vidéos.

Pourtant, et malgré toutes ces évidences, je ne me sens pas faire partie intégrante de la génération Y. Mon souci réside sans doute dans le fait que je suis née tout au début des années 1980. La génération X n’est pas si loin derrière moi. J’ai connu le monde alors que posséder un téléphone portable relevait encore du parfait non-sens et que les écrans d’ordinateur pesaient minimum 50 kilos. À l’école, je remettais à mes professeurs des devoirs écrits à la main et à 15 ans, mon petit copain ne m’envoyait pas de message avant d’aller dormir pour me souhaiter de passer une bonne nuit.

J’ai connu le monde sans toute cette banalisation de la technologie. Du coup, il m’arrive parfois d’être extrêmement surprise par certains comportements de mes congénères Y. Leurs agissements m’échappent. Me laissent incrédule. M’irritent, même.

Le pire de tous ? Le langage sms.

Le langage sms, c’est cette façon (totalement exaspérante) qu’ont les jeunes à communiquer entre eux sur Internet, par texto, messagerie instantanée ou sur les forums, massacrant le français, les règles d’orthographe, la grammaire, la syntaxe et tout ce que le Bon Usage et le Petit Robert préconisent.

Sur la toile, on ne dit plus « coucou » mais « kikoo ».

On ne dit plus « ça va? » mais « sa va? »

Argh.

En règle générale, les plus de 25 ans rechignent souvent à utiliser ce genre de langage. Peut-être parce qu’il leur rappelle leurs débuts tâtonnant sur la toile (Caramail, blogs d’adolescents et autres forums un peu honteux). Quoiqu’il en soit, pendant que les plus vieux Y boycottent le langage sms, les plus jeunes se lâchent et l’utilisent à tire-larigot pour réduire au maximum la longueur de leurs messages.

Les techniques utilisées sont diverses: l’abréviation (salut → slt), la phonétique (jamais → jamè), le rébus typographique (quoi de neuf → koi 2 9) ou le mot anglais plus court (maintenant → now).

Pour toute personne qui débute en langage sms, combiner ces différents procédés relève du véritable parcours du combattant. Et pourtant, ce n’est pas tout. Le langage sms est utilisé avec une autre technique d’écriture propre à la génération Y : le « lol ».

Lol = acronyme de « laughing out loud ». Il peut être traduit par quelque chose du genre « Mais qu’est-ce qu’on s’marre mec! » Sur Internet, il est utilisé dans le but d’exprimer le rire, l’éclat de rire voire même le fou-rire.

Le lol ponctue les textos, les statuts Facebook et autres forums. Il connaît plusieurs variantes qui diffèrent en fonction du degré d’intensité du rire. Celui qui ne s’y connait pas un minimum en la matière risque donc de se retrouver rapidement en galère. Les graduations vont du rire poli (lol) au délire carrément euphorique (ROFLMAOGCB) (qui signifie « Rolling On Floor Laughing My Ass Off Getting Carpet Burns » ) (oui, je sais, c’est hyper long et très difficile à retenir, mais en cas de grosse, grosse vanne, c’est pourtant utilisé).

Le lol est également francisé. Dans la langue de Voltaire, pour exprimer une grosse hilarité, on dira « mdr » (= mort de rire). Si l’hilarité est encore plus puissante, on utilisera l’acronyme « ptdr » (= pété de rire).

Notez que bien souvent, le lol est pratiqué alors que derrière son écran, l’individu qui l’emploie n’esquisse même pas l’ombre d’un minuscule sourire.

Personnellement, je ne pratique pas le lol. Jamais. Pour une sytaxe plus correcte, je privilégie le « hahaha » ou « ahahah ». Bon, c’est vrai, si mon interlocuteur utilise un petit lol de temps à autre pour dynamiser la conversation, ça ne me mettra pas les nerfs pour le restant de la journée. Mais l’utilisation du dit-mot doit cependant rester raisonnable. Car certains ont le chic pour utiliser le lol de manière excessive. À un point tel que dans certains cas, il en devient un élément de ponctuation.

L’insignifiante phrase : « J’ai mangé un boudin-compote-frites » se transforme ainsi en un joli et non moins surprenant : « Mdr G mangé 1 boud1-compote-friT lol »

Ma main à couper que Voltaire se retourne dans sa tombe.

Sur ce, je vous laisse. A12c4 !


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