Inégalités salariales, discriminations, harcèlement sexuel, violences conjugales, excision, prostitution. À l’heure actuelle, et malgré les idées reçues, l’égalité entre hommes et femmes ne fait toujours pas partie de la réalité. Le travail à entreprendre pour changer les mentalités est fastidieux. La patience est de mise. Même en Europe. Les hommes qui défendent la cause féminine sont rares. Et lorsqu’une femme ose prendre la parole, elle se fait bien vite taxée de « féministe ». Heureusement, le tableau n’est pas uniquement noir. Les mentalités évoluent. Doucement, c’est vrai. Mais les jeunes générations commencent enfin à voir les choses différemment.

« Si la femme pèse si lourdement sur l’homme, c’est parce qu’on lui interdit de se reposer sur elle-même. L’homme se délivrera en la délivrant, c’est-à-dire en lui donnant quelque chose à faire en ce monde », écrivait en son temps Simone de Beauvoir. Nous sommes en 2011. Et un constat s’impose : en matière d’égalités hommes-femmes, la domination masculine sur la société est encore et toujours indéniable.

Discrimination des femmes: les mentalités évoluent

Bonne nouvelle toutefois : les mentalités évoluent et en 2010, la Belgique a progressé dans la lutte contre les inégalités hommes-femmes. Un rapport du Forum économique mondial (WEF) place le royaume en 14ème position dans un classement qui évalue la condition féminine dans 134 pays. Pas trop mauvais, donc. Mais peut mieux faire.

Les pays nordiques sont, quant à eux, réputés pour leur combat en faveur de l’égalité des sexes. C’est l’Islande qui se place en première position. Arrivent ensuite la Norvège, la Finlande et la Suède. Faisant figure de bien mauvais élève, la France ne se trouve qu’en 46ème position.

Il faut dire qu’en Belgique et en France, carrière professionnelle et vie de famille ne font toujours pas bon ménage. Les femmes n’occupent quasiment aucune fonction dirigeante. Le niveau d’éducation scolaire n’a pourtant rien à voir là-dedans car à l’école, les filles réussissent souvent mieux que les garçons. En fait, leur carrière est toujours freinée par la venue de leur premier enfant.  Connaissez-vous beaucoup d’hommes qui décident d’alléger leurs obligations professionnelles lorsque leur premier bébé voit le jour? Les jeunes filles sont conscientes de cette réalité avant même de commencer leurs études supérieures. Elles savent qu’au cours de leur vie, elles devront probablement choisir entre une carrière ou une vie de famille.

Le salaire des femmes est toujours moins élevé que celui des hommes

« A travail égal, salaire égal » est l’un des principes fondateurs de l’Union européenne. Il a d’ailleurs été inscrit dans le traité de Rome en 1957… et n’est toujours pas d’application aujourd’hui. Le rapport 2010 de l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes indique qu’en moyenne, les travailleuses belges gagnent 11% de moins par heure que leurs équivalents masculins. Sur une base annuelle et en tenant compte des emplois à temps partiel, cette différence monte jusqu’à 24% ! À noter que l’écart salarial est plus important dans le secteur privé.

Les femmes travaillent plus souvent que les hommes à temps partiel. Est-ce par choix ? Non. Pas pour toutes, du moins. En France, pour plus d’un million de femmes, le travail à temps partiel est subi. Car les femmes trouvent plus difficilement que les hommes des contrats à durée indéterminée.

Les travailleuses enceintes ou avec des enfants en bas âge sont fréquemment confrontées à des discriminations.

D’un point de vue mondial, les femmes accomplissent les deux tiers de tout le travail disponible dans le monde, mais ne possèdent qu’un dixième de la totalité du revenu mondial.

Cette inégalité salariale est, en fait, profondément inscrite dans les mentalités et se fait déjà ressentir très tôt. À l’école secondaire, les garçons se font déjà plus d’argent de poche que les filles.

Inégalités homme-femme: les hommes et le ménage

Les tâches ménagères sont également sources de nombreuses discriminations. Le ménage est d’ailleurs une source de conflit pour un couple sur deux. En 2008, une enquête du magazine Flair révélait que les hommes essayent toujours d’échapper aux corvées : ils s’éclipsent ou se sentent soudain malades (surtout s’ils doivent effectuer une corvée qui leur déplait). Un sondage réalisé par Ipsos, révèle que les hommes « préfèrent » faire les courses, vider les poubelles et cuisiner. D’autres tâches n’ont par contre pas leurs faveurs : repasser, laver les toilettes, faire la lessive et changer les draps. Le sondage met en lumière une autre inégalité : les hommes ont deux heures de temps libre de plus que les femmes pendant le week-end.

Les hommes qui font le moins le ménage eu Europe ? Les Italiens. En Belgique, les femmes consacrent plus ou moins huit heures de plus par semaine que les hommes dans les tâches ménagères. Bonne nouvelle toutefois: le déséquilibre, même s’il existe encore, est beaucoup moins important chez les jeunes générations. Mais les mentalités doivent encore changer. Et ce ne sera pas évident. En se promenant dans les rayons des magasins pour enfants, on se demande vraiment comment faire comprendre aux petits que maman n’est pas obligée d’aspirer pendant que papa fait travailler son esprit.

Les femmes toujours victimes de violences conjugales

Les femmes sont également une majorité à être victimes de violences conjugales. Les chiffres sont effrayants : en Belgique, une femme sur sept est victime de violences conjugales graves. Dans un autre registre, la gente féminine est également trop souvent confrontée au harcèlement sexuel, particulièrement sur son lieu de travail. Les femmes en sont trois fois plus victimes que les hommes !

Pourtant, dans la théorie, l’égalité homme-femme existe. L’article 10 de la Constitution belge mentionne d’ailleurs explicitement que « l’égalité des femmes et des hommes est garantie. » Mais dans la pratique, les choses sont bien différentes. Et les politiciens et médias ne se bousculent pas pour appliquer des solutions concrètes pour lutter contre ces iniquités. Il serait pourtant grand temps de se mettre au travail. Les choses ne changeront pas du jour au lendemain.

La solution: des hommes libérés des stérotypes de virilité

La véritable solution? Les hommes! « L’émancipation des femmes passera par celle des hommes« , soutient l’écrivaine Joy Sorman*. « La libération des dominants sera un puissant levier de l’émancipation des dominées. Un homme libéré des stéréotypes de la virilité, des images d’Epinal de l’incarnation de l’autorité comme de nombreux réflexes sexués, sera moins violent, plus respectueux des choix et décisions de sa compagne« , assure-t-elle.

Pour changer les comportements, il faudra donc que les hommes réagissent, que les mentalités changent et que ce bouleversement provoque un véritable changement de culture. Ce sera lent. Car les inégalités hommes-femmes sont le résultat d’un processus éducatif ancré profondément dans les esprits. Mais le combat n’est certainement pas perdu.

Illustration: © Pierre Kroll

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