Mains moites, coeur qui palpite, sueurs froides… Comment vaincre le stress en public lorsque l’on est timide? Voici quelques trucs et astuces pour apprendre à prendre la parole en public sans stress et sans trac et pour combattre la timidité maladive. 


Lundi matin, siège général d’une grande compagnie d’assurance – Il est bientôt neuf heures.  Stéphane a des poches sous les yeux. Voilà trois nuits qu’il ne dort plus. Ses insomnies remontent à jeudi dernier, lorsque monsieur Durant (l’administrateur général de la société), lui a demandé de prendre la parole en public. Stéphane va devoir présenter les chiffres de vente de l’assurance hospitalisation. Ces derniers mois, elle s’est vendue comme des petits pains. Et monsieur Durant en est extrêmement ravi.

Le problème, c’est que depuis jeudi, Stéphane n’a quasiment plus fermé l’œil: il a le trac.

Ce n’est pas que Stéphane n’est pas satisfait. Au contraire. Les bons résultats de vente de la compagnie l’enchantent. La confiance que monsieur Durant lui témoigne en lui proposant d’annoncer de si bonnes nouvelles à l’ensemble des membres de son service le gonfle de fierté. Pour toutes ces raisons, Stéphane est aussi radieux que comblé. Le problème – car il y en a un – c’est que Stéphane n’a absolument AUCUNE ENVIE de prendre la parole devant ses quinze collègues qui – il en met sa main à couper – le dévisageront pendant dix bonnes minutes en roulant des yeux de merlan frit et en se moquant de ses moindres gaucheries.

À son grand dam, Stéphane fait partie de cette communauté d’angoissés qui se fait très joliment appeler « les phobiques de la prise de parole ».  Il souffre de timidité. Se racler la gorge avant d’élever la voix devant un auditoire plein à craquer constitue pour lui un véritable défi. Stéphane souffre d’anxiété sociale. Et s’exprimer devant un public de plus de deux personnes constitue pour lui un véritable supplice: Stéphane est incapable de gérer son stress en public.

Il est neuf heures. Tous les collègues entrent dans la pièce et prennent place sur les chaises qui leur sont destinées. Et soudain, les symptômes de la peur se manifestent. L’estomac de Stéphane se noue. Le malaise augmente. Des sueurs froides apparaissent. Le trouillomètre grimpe et atteint des sommets rarement égalés. Stéphane souffle, respire par le ventre, et tente de mettre en application les techniques de relaxation que sa prof de yoga lui a appris la semaine dernière. « Le trac est un compagnon indispensable à la prise de parole« , lui avait-elle dit. « Sans lui, il n’y a pas de tension, pas d’énergies, pas de vie. » Elle s’était toutefois empressée d’ajouter: « Mais évidemment, le stress ne doit pas non plus être trop excessif. Ce n’est que lorsqu’il est présent dans des proportions raisonnables qu’il peut être transformé en stress positif. »

« Dans des proportions raisonnables… », soupire Stéphane. Ce n’est précisément pas ce qu’il est entrain de vivre à cet instant. Comment va-t-il faire pour vaincre son stress en public?

Plein de bonne volonté, Stéphane essaye toutefois de se rassurer. Il sait que le trac qui le handicape tellement est monnaie courante pour de nombreuses personnes. La prise de parole en public fait partie des angoisses les plus courantes avec la peur des serpents et du vide. Il sait pertinemment que  la difficulté est seulement dans sa tête. Sa vie n’est pas en jeu. Devant lui, il n’y a que des collègues, des copains. Il y a aussi monsieur Durant. Dans le fond, il n’y a que des personnes qui lui veulent du bien. En plus, il vient leur annoncer de bonnes nouvelles. Alors, pourquoi stresser?

Stéphane va essayer de gérer son trac.

Un peu plus confiant, il s’avance vers le devant de la scène. Tous les visages se tournent alors vers lui et déjà la timidité commence à faire son effet: Stéphane sent la chaleur monter à ses joues. « Non, NON ! Je ne vais pas me piquer un fard maintenant ! Nooooooooon ! » Et au plus Stéphane tente de contrôler la couleur de ses joues, au plus elles s’enflamment. Stéphane devrait respirer profondément et ne pas se préoccuper du sang qui s’écoule vers son cœur. Rougir ? Ben oui, et alors ? Ce sont des choses qui arrivent. Il ne sert strictement à rien d’en faire tout un drame. D’ailleurs, s’il s’entête à y penser, Stéphane risquerait bien de virer au violet.

De toute façon, il faut qu’il se lance. Alors que Stéphane s’apprête à prendre la parole en public, il sent que sa bouche s’assèche. Que ses jambes flageolent. Ce n’est pas la première fois qu’il est contraint de faire un discours devant une assemblée. La dernière fois, c’est devant un public de plus de cent personnes qu’il avait dû assurer une conférence sur les risques et les avantages de la vente par correspondance. Depuis lors, il s’est préparé et n’improvise plus aucune de ses prises de paroles. Sa bouche s’assèche ? Peu importe, il a prévu une bouteille d’eau à côté de lui. Ses jambes flageolent ? Stéphane s’appuie nonchalamment (c’est du moins ce que le public pense) sur le bureau placé devant lui. De cette manière, personne ne peut constater qu’il a les mains qui tremblent aussi fort – et c’est peu dire – qu’une paire de chaussettes bon marché en pleine action d’essorage dans une machine à laver qui tourne à du 1600 tours/minutes.

D’où provient la timidité?

  • de la peur des autres
  • de la peur de soi

Si Stéphane est timide et angoissé à ce point, c’est parce qu’il a peur du regard des autres. En fait, c’est encore pire: il est soumis à l’opinion des autres. Il veut plaire à tous ses collègues, à monsieur Durant. Il est persuadé que s’il déplait à une seule de ces personnes, c’est qu’il est complètement nul. En face de lui, il a l’impression d’être confronté à un jury. Ce ne sont plus ses collègues. Ce sont ses ennemis. Ils sont là, toutes griffes dehors, prêts à le traquer, à le menacer, à le juger, et surtout, ils sont prêts à lui poser toutes sortes de questions pièges qui vont le mettre dans l’embarras, le faire rougir et bégayer.

Persuadé que sur son front il est écrit « BONJOUR A TOUS, JE SUIS TIMIDE », Stéphane se focalise encore plus sur son anxiété. Il est certain que ses collègues et monsieur Durant ne voient que ça, eux aussi. Stéphane devrait lâcher prise. Le trac provient de son égo. Toutes les personnes présentent dans la pièce se foutent complètement des signes d’angoisse qu’il pourrait laisser transparaître. Mais lui, il en fait toute une montagne. Et les signes de timidité ne font alors qu’empirer. Il suffirait pourtant de les connaître et de les contrer !

Quelques conseils pour gérer son stress en public

  1. Souriez. Le timide sourit rarement. C’est le moment de vous y mettre. Ne regardez pas vos pieds. La bonne humeur est toujours contagieuse.
  2. Ne fuyez pas les regards. Le timide ne regarde pas dans les yeux. Sortez la poitrine. Levez le menton. Vous êtes mort de trouille, ok. Montrez l’inverse !
  3. Haussez la voix. Le timide parle doucement. Quand Stéphane prend la parole, il s’exprime d’une toute petite voix. Ses collègues l’entendent à peine (pour ne pas dire pas du tout). Entrainez-vous. Parlez d’une voix posée et choisissez un volume raisonnable (on ne vous demande pas non plus de crier dans les oreilles de toute l’assemblée). Lisez à voix haute, entrainez-vous devant un miroir. Enregistrez-vous, vous remarquerez plus facilement les erreurs que vous devriez corriger.
  4. Soyez prévoyant. Le timide marque des temps de silence dans son discours. Normal, il a des trous de mémoire provoqués par la peur panique d’être la proie de moqueries. Prévoyez quelques mots clés sur une fiche. Aidez-vous d’un support visuel. L’attention ne sera ainsi pas tout le temps braquée sur vous.

Si Stéphane a autant peur de parler devant un public, c’est aussi parce qu’il a une très mauvaise estime de lui-même. Son niveau d’exigence personnelle est hyper élevé et ses performances ne le satisfont donc jamais. Il voudrait, en toutes circonstances, être parfait, intéressant, trouver les mots qu’il faut et les sujets de discussion qui fédèrent. Impossible pour lui de formuler la moindre banalité. Il ne veut avoir que des choses intelligentes à dire sans quoi il aurait l’impression de passer pour un imbécile.

Pour vaincre sa timidité, il faut d’abord le vouloir vraiment. Participez. Lancez-vous et faites connaitre vos idées. Tant pis si vous vous plantez. Un timide est touchant. Il n’est pas ridicule. Alors forcez-vous un peu au début et combattez le mal par le mal. Vous n’osez pas affronter le regard des autres ? Inscrivez-vous dans un cours de théâtre. Entonnez des chansons dans les karaokés.

Le yoga et la relaxation sont également de bons moyens pour apprendre à gérer son trac.

Stéphane s’est un peu ramassé cette fois-ci. Mais ce n’est pas grave. La prochaine fois, il sera meilleur. Faire des erreurs permet de ne plus les commettre. Avec le temps, Stéphane prendra de l’assurance et deviendra un bon orateur. Il en est capable.

Et vous aussi!


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