La timidité est un véritable fléau. Le timide déteste les événements mondains. L’idée de devoir tenir une conversation avec de parfaits inconnus l’angoisse au plus haut point. Voici quelques conseils pour combattre sa timidité au boulot.


Bruxelles – Quartier européen. Marc ajuste sa cravate. Ce soir, il est invité à participer à un cocktail dinatoire. Cadre dans une banque réputée, l’entreprise pour laquelle il travaille est solide et prospère. Empêché pour des raisons de santé, son patron lui a refilé en toute dernière minute son carton d’invitation. Il lui a fourni 50 cartes de visites à distribuer aux convives et lui a demandé de représenter au mieux la société. « Je compte sur toi, Marc ! », a-t-il claironné d’une voix forte.

Pour l’heure, Marc vient d’entrer dans la salle de banquet. Tout le beau monde des affaires est là. Les petits plats ont été mis dans les grands. Les coquilles Saint-Jacques narguent les pains surprises et les sushis. Saumon et œufs de lompes sont couchés sur de petits canapés en pâte feuilletée. L’ambiance est parfaite. La salle majestueuse. Les invités arrivent en nombre et se saluent de loin, échangeant sourires et franches accolades. Marc sait qu’il va devoir mettre à profit cet événement pour rencontrer du monde et faire connaître la société pour laquelle il travaille.

Mais lorsque cette pensée lui traverse l’esprit, Marc se met à suer à grosses gouttes.

Car Marc souffre d’un terrible handicap, d’un fléau qui ruine sa vie un peu plus fort chaque jour. Une infirmité qui lui inflige des souffrances encore plus incommodantes que le fait de devoir se faire arracher une dent chez le dentiste. Marc souffre de timidité. Les palpitations, le bégaiement, la perte totale de tous ses moyens, le cerveau soudainement vide et les joues qui virent au rouge font partie intégrante de son quotidien. Marc compte parmi ces gens paralysés par le regard de l’autre. Lorsqu’un inconnu s’approche et lui adresse la parole, Marc entend son cœur tambouriner au fond de sa poitrine. Ses mains deviennent moites. Sa voix est chevrotante.

Charmant.

Ce soir, Marc sait qu’il va devoir engager la conversation. Et rien qu’à y penser, il est déjà au bord du malaise.

Malgré tout, Marc s’avance dans la salle. Il est là, seul. Il ne sait pas que dire. Il ne sait pas où aller. Il décide donc de s’écarter un peu du centre de la pièce. Coupe de champagne à la main, il se tient en retrait, se contentant de sourire vaguement à l’une ou l’autre connaissance qui passe, dévoilant malencontreusement, coincés entre ses dents, les quelques épinards de la mini-quiche qu’il vient de déguster.

Les minutes s’écoulent. Marc ne se sent pas bien. Tapi dans un coin de la salle, il se sent seul, quasi transparent. Il aimerait, plus que tout au monde, se cacher dix pieds sont terre.

Mais quel calvaire, ces événements mondains.

En fait, plutôt que de combattre sa timidité maladive, Marc commet beaucoup d’erreur.

Première erreur de Marc : l’isolement. Ce soir, sa mission est de faire de la publicité à son entreprise. Et là, il obtient un beau zéro pointé. Bien sûr, personne ne lui demande d’engager la conversation avec tous les invités présents dans cette immense salle. Mais il y a un minimum tout de même. Le hic, c’est que dans ce genre d’événements, le timide a toujours l’impression que tous les regards sont braqués sur lui. Que le moindre faux pas sera débusqué. Alors forcément, il se cache, et va se terrer dans un coin. Mais se sent-il mieux pour autant ? Non. Car le timide culpabilise. Il aimerait pouvoir aller vers les autres. Et il s’en veut.

Alors qu’il est occupé à développer une stratégie visant à  attraper un petit four sans avoir à dire bonjour au comptable avec lequel il a travaillé il y a deux ans, Marc croise le regard de Claude Dupont, un entrepreneur en rénovation très connu dans le milieu.  HOR-REUR ! Marc a le sentiment que Claude va venir lui parler. Alors, aussi vite que possible, Marc tente la technique de l’évitement, cette grande manie que pratiquent tous les timides. Il baisse les yeux et contemple avec une attention toute particulière (et non moins suspecte, il faut bien l’avouer) le toast aux champignons qu’il tient fermement entre les mains.

Marc devrait relever la tête ! Claude Dupont est un personnage influent. Il pourrait l’introduire auprès de toute une série d’hommes d’affaires déguisés en pingouin, lui permettre de faire connaître son entreprise et de prendre la parole. Marc devrait sauter sur l’occasion, il le sait. « Bon sang, tu vas encore rater une occasion et le regretter par la suite! » Mais non. Marc ne relève pas la tête. Avec un peu de bonne volonté, il pourrait pourtant se débarrasser très vite de cette manie.

Alors qu’il ne s’y attend pas, Claude Dupont arrive pourtant à sa hauteur et le salue. Si Marc était sûr de lui, il en profiterait pour livrer quelques idées personnelles, ou pour raconter une histoire qui lui est arrivée dernièrement. Mais impossible. Marc est paralysé par la peur, ce qui le coupe entièrement et totalement de l’instant qu’il est entrain de vivre. Marc a quasiment l’impression d’être étranger à lui-même. Il n’a rien à dire. Il n’a pas de vie, pas d’avis. RIEN. Alors il se contente d’écouter Claude Dupont lui parler des dernières actualités de sa boîte, étouffé par cette atroce impression de ne pas exister.

Marc pourrait pourtant trouver une phrase bateau du genre : « Cette salle est vraiment somptueuse, avec ces grands escaliers de marbre et ces drapés qui pendent le long des fenêtres », ou « Ils sont franchement délicieux, ces canapés au beurre de poireau ». Mais cette idée n’effleure même pas l’esprit de Marc. Il n’est plus capable de penser.

Lorsque vous vous retrouvez dans une situation durant laquelle un mutisme violent et persistant s’empare de vous, essayez de poser des questions. Il n’est pas écrit sur votre front que vous êtes timide. La personne en face de vous sera flattée et elle se lancera, à coup sûr, dans des explications qui vous permettront une sacrée économie de mots. Veillez alors à développer une écoute attentive.

Si Marc est à ce point paralysé, c’est parce qu’il n’arrive pas à vivre par lui-même. Il compte beaucoup trop sur le regard des autres. Ce sont eux qui lui donnent vie. Il idéalise tellement les relations sociales qu’il est persuadé que ce sont uniquement les individus les plus brillants qui ont droit à la parole. Se considérant comme un être médiocre et transparent, il juge donc – à tort – que sa vie n’est pas digne d’intérêt, et qu’il n’est bon qu’à une seule et unique chose : se taire pour écouter les autres.

Le cocktail est fini. Marc rentre chez lui. Les 50 cartes de visite sont toujours dans le fond de sa poche. Et Marc regrette déjà. « Pourquoi n’ai-je donc pas osé ? Je suis nul »

Marc devrait prendre, une bonne fois pour toute, la décision de vaincre sa timidité et de s’ouvrir – au moins un tantinet plus – aux autres. Forcément, parler, c’est prendre un risque : celui d’être désapprouvé, d’entrer en conflit ou d’être blessé… Mais Marc doit se souvenir qu’entrer en contact avec l’autre, c’est aussi une chance. Il aurait pu saisir cette occasion pour dialoguer, pour approfondir ses relations et pour se faire apprécier.

Lutter contre sa timidité semble insurmontable aux premiers abords. N’oubliez pas que la timidité n’est pas un trait de caractère. C’est une mauvaise habitude. Même si cela demande beaucoup de courage, Marc devrait se forcer à changer ses mauvaises habitudes. Car il n’y a pas de miracle : pour vaincre sa timidité, la première chose à faire est de le vouloir et de se forcer. Il faut se faire violence et ne plus fuir le contact des autres. Avec un peu de bonne volonté, tout est possible.


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