Comment vaincre sa timidité en amour? Transpiration, maux de ventre, bégaiements et cerveau vide lors du premier rendez-vous amoureux, vous connaissez? Si comme Pierre vous êtes timide en amour, voici quelques conseils pour vous aider à combattre votre malaise.


Depuis quelques jours, Pierre n’est plus le même.

1. Il ne dort plus. Chaque soir c’est la même chose. Il se tourne et retourne encore dans son lit. Il change de position, tapote son oreiller pour lui donner meilleure forme. Il compte les moutons, pratique des techniques de relaxation. Rien n’y fait. Le sommeil ne le gagne qu’au petit matin, alors que son réveil s’apprête à sonner.

2. Pierre perd l’appétit. Même la tartelette aux fraises de la boulangerie en bas de chez lui ne lui goûte plus. Et ça, ce n’est pas normal. Parce que cette tartelette aux fraises, d’habitude, il en raffole.

3. Fréquemment d’humeur maussade, il rit. Pire: il s’esclaffe. Il y a quelques jours, Jean, son meilleur ami, l’a même surpris entrain de plaisanter avec Yvette, sa voisine de palier qu’il trouve d’ordinaire hautement insupportable et à laquelle il n’accorde généralement pas même un demi regard. Jean en est resté bouche-bée toute la soirée.

4. Pierre a des papillons dans le ventre et voit la vie en rose.

Vous l’aurez compris : Pierre est amoureux. Il faut avouer que Sylvie combine plusieurs qualités indiscutables. Elle est adorable, délicate et spirituelle. Séduisante, céleste et envoutante. Pierre l’explique d’ailleurs de manière très explicite : elle est PAR-FAITE.

Leurs chemins se sont croisés il y a quelques semaines (depuis que la liste des symptômes décrits plus hauts a fait son apparition, en fait), alors qu’il s’y attendait le moins (c’est toujours comme ça que ça arrive) et qu’il allait chercher nonchalamment un sandwich jambon-fromage (un « dagobert », comme on dit chez nous en Belgique) à la sandwicherie située à trois rues de son bureau. Ils ne se sont échangés que quelques mots mais depuis lors, la vie de Pierre s’en est trouvée bouleversée. Aujourd’hui, il poursuit son existence perché tout en haut d’un petit nuage.

Et du haut de son perchoir, il se pose cent mille questions. Comment plaire à une femme? Sylvie l’a-t-elle remarqué? Après l’avoir surprise entrain de le contempler dans le miroir de la sandwicherie, Pierre s’est dit qu’il avait toutes ses chances. Mais quelques instants plus tard, quand il l’a vue rire aux éclats avec un homme élégant et athlétique, musclé à souhait, pourvu d’un sourire parfait et de cheveux admirablement bien coiffés, Pierre s’est dit qu’il ne faisait sans doute que rêver. Pourtant, leurs regards se sont croisés. Il en est persuadé. Mais peut-être était-ce le hasard ? Elle ne faisait sûrement qu’examiner son physique ingrat le plus discrètement possible.

Quoiqu’il en soit, lui, il est sous le charme.

Pour concrétiser ce sentiment, Pierre devrait faire la cour à Sylvie. Mais les choses ne sont pas aussi simples. Car Pierre est timide en amour. Il ne souffre pas d’une légère timidité, cette timidité relativement anodine qui vous rend un peu gauche et touchant. Non, non. Pierre est un VRAI angoissé. Il souffre d’une timidité qui l’empêche de parler. Qui découd chacun de ses propos, qui le fait trembler, qui  rend ses mains moites et qui le fait paraitre complètement ridicule. Face à Sylvie, Pierre est tout simplement paniqué, ce qui le paralyse des pieds à la tête.

Pourtant, dans la vie de tous les jours, Pierre n’est pas de nature froussarde. Il est même plutôt énergique, franc et spontané. Mais quand le domaine affectif entre en ligne de compte, tout est différent. Face à la personne qui le rend le plus heureux, celle avec laquelle il voudrait échanger mille idées, mille instants, mille sourires, mille bonheurs, Pierre est immobilisé par la timidité. Lorsque la belle Sylvie est face à lui, Pierre n’a qu’une seule idée (idiote et vide de sens puisqu’il souhaite exactement l’inverse) : fuir.

Pierre n’arrivera pas à aborder Sylvie. Il le sait bien. Il s’est déjà retrouvé dans une situation plus ou moins similaire avec cette secrétaire qu’il croisait dans les couloirs de son entreprise et qu’il n’a jamais osé accoster. Elle a fini par se marier avec Thierry, le gars aux cheveux gras du département finances. Pierre s’en est voulu des mois et des mois, se promettant que PLUS JAMAIS il ne se mettrait dans pareille situation.

Mais voilà qu’avec Sylvie, ça recommence. Dès qu’il l’aperçoit, son cœur bat la chamade. Il sait que s’il lui adresse la parole, il va se mettre à bafouiller.  Pierre est sincèrement incapable de faire le premier pas avec une femme. C’est plus fort que lui. À chaque fois que Sylvie passe devant lui, il reste là, bouche ouverte, transi d’amour, les yeux écarquillés et le souffle coupé. Sylvie lui plaît tant…

Pourtant, Pierre sait qu’il est dans l’erreur. Il se trouve même parfaitement ridicule avec ses complexes de timidité infondés et il reconnait que son comportement ne fait qu’empirer les choses : « Dans ces conditions, elle ne m’aimera jamais… »

Mais Pierre se trompe. Il plaît à Sylvie. Et une fois encore, il va passer à côté de l’amour.

Du point de vue psychologique, les choses sont claires : Pierre a une phobie de l’échec. Il est paniqué à l’idée de susciter, chez Sylvie, de la mésestime ou pire : de la pitié et du rejet. Pierre a peur du regard que Sylvie risque de jeter sur lui s’il lui avoue avec sincérité ses sentiments. La timidité, que ce soit en amour ou pour autre chose, est toujours une difficulté à accepter le regard de l’autre. Le timide ne croit pas en lui et est intolérant à l’échec. Alors, plutôt que de prendre le risque d’échouer, il s’enfuit.

Et c’est exactement le cas de Pierre. Il a tellement peur de se faire rejeter par Sylvie, qu’il préfère lui témoigner un désintérêt total. Il se cache derrière un masque glacial. Résultats ? Il est froid et distant. Ses regards ne sont pas francs. Il montre à Sylvie tous les signes contraires de l’amour et elle est donc persuadée de ne pas lui plaire. Comment pourrait-elle comprendre que derrière cette carapace se trouve, en fait, un trop plein d’émotions ?

Pierre ne devrait pas avoir honte. Il devrait avouer à Sylvie qu’il a le trac. Car la timidité est beaucoup mieux acceptée qu’on ne le pense. Un timide n’est pas ridicule. Il est touchant. Et son capital sympathie augmente.

Et puis, pour vaincre la timidité, il faut aussi le vouloir. Pierre ne devrait pas regarder ses pieds quand il croise Sylvie. La séduction passe d’abord par le regard.

Bien sûr, Pierre a connu des échecs répétés. Mais une relation n’est pas une autre. Il faut arrêter de penser qu’une épée de Damoclès pend au-dessus de la tête de chacun d’entre nous, que le danger plane et qu’il nous tombera dessus… parce qu’il le fait inéluctablement.

Et puis c’est vrai, Pierre n’a pas confiance en lui. Il se trouve nul, moche et gros. Ses dents sont de travers. Et il n’a jamais rien d’intéressant à raconter. Il est persuadé que physiquement, il est inconcevable qu’il plaise à Sylvie. Il existe des solutions ! Instruisez-vous, changez de look ! Refaites-vous une garde-robe, une nouvelle coiffure. Prenez soin de vous. Il n’y a que vous qui pouvez prendre les choses en main. Faites-le ! Vous vous sentirez déjà beaucoup mieux.

Si Pierre se décide à séduire Sylvie, à lui envoyer un petit mot, à lui tendre la main, à l’inviter à prendre un verre… elle ne le repoussera pas.

Cette phrase est plutôt bateau, c’est vrai. Mais elle est tellement véridique que nous devrions tous l’agrafer au fond de nos mémoires: « QUI NE TENTE RIEN N’A RIEN. »

Arrêtons de nous comporter aussi bêtement que Pierre, et tentons d’approcher  au plus près tout ce qui nous donne envie.  C’est de cette manière que la vie sera belle.


Toi aussi tu es un timide maladif? Ton coeur palpite et tes genoux tremblent lorsque quelqu’un te plaît? Et cet article t’a plu? Alors partage-le sur les réseaux sociaux et rejoins-moi sur Facebook et Twitter.

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