Fêter un anniversaire, un baptême ou un mariage ? RIN-GARD ! La nouveauté made in USA, c’est la « divorce-party », ou « l’art de bien réussir son divorce ». Une super occasion de réunir ses potes, des cotillons et quelques bouteilles de champagne pour célébrer cette joie (intense et immense?) de ne plus être avec son ex. Véritables institutions aux Etats-Unis, ces rites anglo-saxons font aujourd’hui timidement leur apparition en Europe. Les pros de l’événementiel ont rapidement compris qu’un marché juteux arrivait droit sur eux et les divorce-parties se multiplient. Fêtes libératrices ou cyniques ? Les avis sont partagés.

Attention, attention ! Nouvelles formes de festivités en vue ! Et tenez-vous bien, elles ne sont pas des moindres ! Pour être tendance, aujourd’hui, il est juste hors de question de festoyer pour des événements aussi banals que les mariages, les baptêmes ou les anniversaires. Oubliez. Tout ceci est plus que largement dépassé. Pour être dans le coup, fêtez plutôt… votre divorce ! Débarquant tout droit des Etats-Unis, les « divorces-parties » (c’est comme ça qu’on les appelle) ont commencé à pointer le bout de leur nez en Europe. L’avancée de la chose est encore timide. Mais quand même assez significative pour en parler aujourd’hui. Le constat est là : un divorce, ça se fête. Objectif : célébrer une nouvelle vie qui commence. La divorce-party est une manière ludique de tourner une page trop lourde et de réunir ses amis pour marquer avec eux le passage d’un cap: celui de la liberté retrouvée.

Spécial…

Mais pourtant, faut-il vraiment crier au scandale ? Puisqu’aujourd’hui, un couple sur trois se sépare, il paraît presque logique que le divorce ait, lui aussi, droit à ses festivités.

Chez nous, les divorce-parties n’en sont encore qu’à leurs balbutiements. Mais aux States, c’est l’inverse : les divorce-parties explosent et remportent du succès aussi bien auprès des célébrités qu’après des simples anonymes. Une règle prévaut : ambiance « trash » ! Colère, haine et vengeance sont de mise ! Des kits spéciaux sont commercialisés : assiettes en carton sur lesquelles repose gaiement l’inscription « Libre à nouveau », ballons affichant un « Joyeux divorcé », ou serviettes clamant « No Men ? Amen ! ». A New York, une célèbre pâtissière a lancé des pièces démontées, coupées en deux en leur milieu, ou surmontées d’une métaphorique cage à oiseaux grande ouverte.

Et ce n’est pas tout ! Les choses vont parfois beaucoup plus loin: poupées vaudou ou aiguilles pour jeter des mauvais sorts à son ex, papier toilette caricaturant l’ex époux ou épouse,… Les objets destinés à faire passer sa colère sont déclinés à toutes les sauces. Bien sûr, un divorce ne fait jamais l’économie  de la  rage et de la douleur et l’amertume doit sortir. Mais de là à poignarder (de loin, ouf, ils ne le font quand même pas en vrai) son ex à coups d’aiguilles, il y a quand même un pas (plutôt spécial) à franchir!

Pour enterrer le mariage et remettre les compteurs à zéro, les fêtes de divorce sont évidemment préparées avec le plus grand soin. Vous ne savez pas comment vous y prendre ? Pas de panique. Il suffit de faire appel à un pro. Les divorces-parties – qui génèrent un véritable business – ont rapidement attiré les professionnels de l’événementiel. Certaines agences – qui se font appeler des « divorce planners » – s’occupent d’organiser des cérémonies sur mesure. Vous ne devrez vous occuper de rien. Ces agences tiendront compte de votre personnalité, de votre vécu. Elles se chargeront de sélectionner le traiteur, de choisir le DJ. Les divorce planners composent des atmosphères adaptées à chaque client (ludiques, détendues ou sexy, c’est vous qui voyez !) et dégotent des lieux insolites : pique-nique au pied de la Tour Eiffel, massages, tours de magie, strip-teases… C’est selon vos goûts!

Le commerce autour des divorces-parties est bel et bien juteux.

Les divorce-parties sont habituellement célébrées le soir ou quelques temps après le jugement de divorce. Soirées intimes, strip tease, mises en scène en grande pompe… La divorce-party peut se décliner à l’infini. Les invités sont conviés via des faire-part farfelus. Durant la fête, le jeune divorcé mime une marche nuptiale déjantée et passe devant un faux bourgmestre pour prononcer ses vœux de liberté retrouvée. Il y brûle les souvenirs, les photos, le costume ou la robe de mariée. Les fêtes de divorce sont, en fait, une parodie de nos traditionnelles noces. Les codes et les symboles du mariage y sont repris en autodérision, sans rancœur et avec beaucoup d’humour. Les divorcés sont remis sur le marché. Officiellement, mais aussi humoristiquement !

Généralement, les divorces-parties sont célébrées en célibataire. Mais pas toujours. Il arrive aussi que l’ancien couple décide de ne pas se déchirer dans l’amertume. Les anciens époux organisent alors ensemble une divorce-party. Elle réunit leurs enfants, leurs familles et leurs amis. (Je m’interroge toutefois sur l’utilité d’inclure des enfants dans ce genre de fêtes. Le divorce est quand même plutôt une histoire d’adultes…)

Si les divorce-parties connaissent un succès grandissant, les raisons en sont plutôt simples: les séparations étant de plus en plus fréquentes, elles sont désacralisées. La divorce-party permet de dédramatiser la situation. Le divorcé n’envisage plus la rupture comme un échec honteux, mais comme une histoire qui se termine comme elle a commencé : bien.

Certains se demandent toutefois si la divorce-party n’a pas pour objectif de banaliser la séparation et de tromper sa douleur… Car ces fêtes de divorce ne suscitent pas l’enthousiasme de tout le monde. Associer échec et célébration éveille encore pas mal d’incompréhension. Le divorce est amalgamé à toutes sortes de choses négatives : la vente de la maison, les contacts avec les enfants qui diminuent, la solitude. Pour de nombreuses personnes, lors d’une séparation, on est à vif et on ne songe certainement pas à faire la fête. Pourtant, certains psychologues affirment que ces nouvelles fêtes de rupture sont positives, qu’il est intéressant de pouvoir envisager son divorce dans la dignité et que créer une date symbolique aide psychologiquement à dédramatiser. Les divorce-parties accélèrent donc le processus du « tourner la page ». Elles ne font pour autant pas du divorce un événement joyeux, mais un jalon important de la vie, qui permet de rebondir vers autre chose.

Mais attention. Pour que la célébration soit réussie, il faut qu’il y ait eu, au préalable, une prise de distance. Il n’est pas étonnant que les pensées d’un jeune divorcé ne soient pas toujours bienveillantes. Le recul est à la fois nécessaire et thérapeutique. Il ne faut pas non plus oublier qu’entre une rupture et un divorcé prononcé, il peut s’écouler de nombreux mois, voire des années. La tension fait alors place au soulagement et il devient enfin possible de savourer pleinement la fin de cette histoire qui se termine par un joyeux « just divorced ».

Cet article t’a plu? N’hésite pas à le partager autour de toi et à rejoindre ma page Facebook