Soyons lucides. Dans ce bas monde, l’égoïsme et le narcissisme sont deux concepts clés. Chacun pense à son petit bonheur personnel et n’hésite pas à marcher sur les plates-bandes de son voisin pour atteindre une vie qu’il juge de qualité. Dans pareil contexte, il n’est pas toujours évident de prendre sa place et d’imposer le respect. Certaines personnes éprouvent d’ailleurs un véritable blocage : le respect, ce n’est jamais pour elles. Voulant plaire à tout prix, elles ne savent pas dire non et se soumettent. Conséquences : elles se font sans cesse marcher sur les pieds et s’enlisent dans l’idée que cette triste réalité ne changera jamais. Cet état de fait n’est pourtant pas irréversible. Explications.


« À aucun moment de l’histoire, le respect humain n’a brillé d’un très vif éclat », disait en son temps Charlie Chaplin. Cette affirmation est toujours d’actualité. Le respect, ce concept relativement ambigu qui exclut toute forme de passion et qui impose une sorte de détachement souvent difficile à atteindre, n’a jamais été le fort de l’être humain, souvent plus doué pour toute une série d’autres activités telles que l’égoïsme, le narcissisme ou l’égocentrisme. Tâchons de ne pas être trop pessimistes, mais soyons quand même francs : l’Homme aime penser à sa petite vie. À ses petits intérêts. À ses petits tracas. Dans la liste de ses principales préoccupations, sa petite personne arrive souvent en position number one. Est-ce un tort ? Pas du tout. L’être humain naît seul. Il meurt seul. Alors, rien de plus logique que de se concentrer sur son existence et de lutter pour atteindre son épanouissement personnel. La cause est noble. Là où il y a un hic, c’est lorsque l’être humain tente d’atteindre son bonheur au détriment de l’autre. Son collègue, son ami, son parent, son voisin. Peu importe. Ce qui compte, c’est lui et son bien-être. Dans pareil contexte, prendre sa place et ensuite la garder n’est pas toujours chose facile. Et encore moins pour ceux qui éprouvent des difficultés à imposer le respect.

Un ver-de-terre ne suscite jamais le respect !

Car le respect ne va pas de soi. Certains individus – et pas uniquement les timides – ont du mal à l’acquérir, à un point tel qu’ils se retrouvent parfois dans une impossibilité totale et irréversible de se faire respecter. Quelques soient les situations, ils en prennent toujours pour leur grade. C’est chronique. Que ce soit avec leur patron, leur conjoint, leurs amis : recevoir de la considération des autres est simplement irréalisable. Ils se font sans cesse marcher sur les pieds. Les moqueries ? C’est toujours pour eux. Les heures sup’ ? Idem. Ils ont des enfants rois, des conjoints tyranniques et des parents exigeants. Rien ne va jamais. Alors ils se lamentent et accumulent chagrin et plaintes : « Je n’ai jamais de chance. Je ne tombe jamais sur les bonnes personnes. » Stop ! La fatalité n’existe pas. Et rejeter la faute sur les autres ne permettra pas d’avancer. La première chose à faire est de se remettre en question et de changer de manière radicale sa façon de voir les choses. Se prendre en main et relever la tête. Car la question est simple : Comment ne pas écraser celui qui, de son plein gré, se fait ver-de-terre ? « On respecte un homme qui se respecte lui-même », disait Honoré de Balzac. Il n’y a rien de plus vrai.

Ne jamais sacrifier ses besoins par amour

Les personnes souffrant de non-respect chronique sont toujours assoiffées d’amour. Elles en oublient de se faire respecter et se comportent telles des limaces que l’on écrase vulgairement sur les trottoirs les jours de grande humidité. L’amour, la tendresse, la reconnaissance : elles ne pensent qu’à ça. Leur besoin d’amour est plus fort que leur besoin de respect. Pour mendier et grappiller un peu d’attention, elles se rabaissent et mettent de côté leur besoin de dignité. Comment ? En se pliant en quatre. En étant gentilles. Trop gentilles. En tâchant de ne jamais froisser l’autre. Objectif ? Tout faire pour ne surtout pas perdre l’amour de l’autre. Certaines personnes sont persuadées que pour être aimé, il faut vivre selon les désirs de l’autre : sacrifier ses besoins légitimes, ses rêves les plus fous et ses aspirations secrètes. Elles pensent que pour être aimé, il faut S’OUBLIER. Catastrophe. Elles ne se rendent pas compte que leur dévotion ne leur apporte, en fait, rien d’autre que du mépris. L’oubli de soi a des conséquences désastreuses. Mettre son existence entre parenthèse provoque inévitablement une chute de l’estime de soi. On se persuade alors qu’on ne mérite plus le respect. Le danger, c’est que dans un double mouvement, l’autre se met à le penser également. La machine est enclenchée. Faire marche-arrière devient quasi impossible et le processus de non-respect ne fait alors qu’empirer chaque jour un peu plus. Si à un moment ou à un autre, on se rend compte que l’on se fait marcher sur les pieds et que l’on tente de se rebeller, c’est peine perdue : cette prise de conscience n’a aucune importance aux yeux du bourreau qui a pris l’habitude de maltraiter sa victime – parfois (et même souvent) sans s’en rendre compte.

Le respect s’impose et se gagne

La gentillesse gratuite et démesurée, il faut donc arrêter. « Trop bon, trop c** », ce n’est jamais une solution. Car il existe une équation indiscutable : le sacrifice n’entraîne jamais aucune reconnaissance. Jamais. Être trop gentil n’attire pas la sympathie. Au contraire. Bien entendu, il n’est pas question de devenir désagréable, sec et froid avec tout le monde ! Mais la gentillesse doit se mériter. Et le respect n’est pas négociable. C’est un droit. Point. Il n’y a pas de « oui mais » ou de « peut-être » qui tiennent. Personne n’a le droit de nous imposer de faire des choses qui ne nous conviennent pas. Nous avons le droit de refuser ce qui nous dérange. Et de l’imposer. Car le respect s’impose et se gagne.

Savoir dire « non »

Ce besoin démesuré d’être aimé est, en fait, à mettre en corrélation avec la peur du rejet. Certaines personnes sont paralysées par la crainte d’être abandonnées. Elles sont tellement angoissées à l’idée de perdre l’estime de l’autre qu’elles n’arrivent pas à lui dire non. Mettre des limites et refuser certains comportements peut provoquer une réaction négative chez l’autre : abandon, rejet. Et c’est exactement ce qu’elles redoutent. Alors elles se soumettent et le respect passe à la trappe. Pour prendre sa place, il est primordial de pouvoir supporter l’effet négatif que peut avoir un « non ». Pas toujours facile. Pour certains, ce sentiment est insupportable. Mais c’est parfois le prix à payer pour arrêter de subir des événements trop oppressants.

Bannir les poignées de main molles et les regards fuyants

L’apparence extérieure (la tenue vestimentaire, la coiffure) et les codes non verbaux (le maintien du corps, le regard) jouent également un rôle crucial dans le rapport au respect. Emerson, un célèbre philosophe et poète américain a dit un jour : « Ce que vous êtes parle si fort que je ne peux entendre ce que vous dites. » Pour se faire respecter, la posture physique et l’inflexion de la voix sont incroyablement importantes. Une poignée de main molle, une posture flasque, un visage fermé ou un regard fuyant n’inspirent pas le respect.

Alors que faire ?

Le non-respect n’est pas une situation irréversible

Pour imposer le respect, une bonne technique consiste à maîtriser l’art de plaire. Le charme force toujours le respect. En faisant attention à l’autre, on peut s’y adapter. L’important est de le faire tout en restant soi-même. Plaire tout en gardant sa personnalité et en n’acceptant pas trop de compromis, voilà la recette.

Si quelqu’un vous manque de respect, il ne faut pas avoir peur de le remettre à sa place. Personne ne doit jamais accepter de se faire rabaisser ou humilier. Se souvenir que son opinion a autant d’importance que celle des autres. Il faut donc défendre son point de vue et oser s’affirmer.

Ne jamais abandonner ses rêves.

Privilégier le sens de l’humour. Avec un peu de recul, quelques blagues bien placées, les choses se passent souvent bien. L’humour détend l’atmosphère et entraine une certaine forme de respect.

Pour être respecté, commencez tout simplement par vous sentir respectable. Le plus gros du travail sera déjà gagné.

 

 

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Illustration: © Riad Sattouf – Pascal Brutal – Éditeur Audie – Collection Fluide Glacial