Parfois, dans la vie, tout va mal. Alors hop! On chausse une grande paire de lunettes roses, on les place bien confortablement sur le bout de son nez, on contemple la vie autour de nous et on se dit : « dans le fond, tout n’est pas si moche que ça… » L’idéalisation permet de fuir la réalité. Un mécanisme de défense à tenter, oui ou non ?

L’idéalisation est un mécanisme de défense poursuivant un objectif clair : la déformation pure et simple du réel. Dans quel but ? Embellir la réalité pour éviter de souffrir. D’un coup de baguette magique, l’idéalisation nous permet de voir la vie en rose – alors que la réalité est, en fait, bien moins jolie.

L’enjolivement de la réalité: un mécanisme de défense courant

Soyons francs : il nous est tous arrivé, un jour ou l’autre, de chausser une belle paire de lunettes et de déformer la vérité pour éviter d’avoir mal. On peut idéaliser l’amour, idéaliser un ex, un emploi, un enfant, un ami. Avec le recul, cet embellissement inconscient nous parait flagrant : nous ne voulions pas voir, en face de nous, cette personne qui voulait tout pour nous… Sauf notre bonheur.

L’amour est très idéalisé dans nos sociétés

Il faut dire que notre société occidentale ne nous aide pas à être clairvoyants : l’amour est de plus en plus idéalisé. Développement personnel, recherche du bonheur, vie sexuelle et amoureuse épanouie. La pression est à son comble. Voilà pourquoi l’être humain idéalise. Ses attentes sont souvent exagérées et déraisonnables. Il en attend beaucoup trop de son couple. Conséquence : de nombreuses personnes restent célibataires de plus en plus tard et désespèrent de trouver chaussure à leur pied.

Au début d’une relation, l’idéalisation est toujours très présente

Ô miracle ! Lorsqu’une relation semble soudain pointer le bout de son nez et qu’elle finit même par se concrétiser, les âmes sensibles et romantiques que nous sommes sautent dessus et s’y accrochent (s’y agrippent même !), pleines d’espoirs. La personne – banale, il faut bien l’avouer – qui se trouve en face de nous se transforme soudain en perle rare. Elle nous parait éblouissante, sensationnelle et fabuleuse ! Il ne s’agit plus d’un être humain, avec ses propres aspirations – souvent différentes des nôtres – et ses propres difficultés. Non ! Il s’agit d’un rêve, d’un ange, de la personne idéale, celle que l’on a toujours attendue. On pare cette âme sœur de toutes les qualités – souvent celles dont nous sommes nous-mêmes dépourvus – et comme par enchantement, la réalité se transforme pour devenir telle que nous l’avions toujours souhaitée : parfaite.

L’être humain idéalise et ressent un sentiment de paix intérieur

Freud le pensait déjà: l’idéalisation est un mécanisme de défense très répandu. De nombreuses personnes idéalisent leur quotidien. Résultat ? Elles éprouvent un sentiment de paix et de bien-être alors que la réalité est, en fait, plus désagréable. L’idéalisation aveugle et maintient l’idéaliste dans une existence et dans des jugements irréalistes. Bien évidemment, ce processus est involontaire et inconscient. L’idéalisation agit comme un anesthésiant et calme les angoisses d’une réalité trop oppressante. Certaines personnes ne parviennent pas à gérer leurs émotions et ne supportent pas de ressentir des réactions affectives telles que la peur ou la colère. Selon les situations, le fait de magnifier le réel permet donc de se tranquilliser ou de contenir de l’agressivité. Un mari qui ne tolère pas ses sentiments d’agressivité sublimera sa femme pour ne jamais avoir à lui rentrer dans le chou. Une femme qui craint l’engagement idéalisera l’amour pour ne jamais le trouver. C’est tordu, mais le résultat lui convient : elle évite l’angoisse qu’elle ressentirait si elle devait s’engager.

Colorer son existence pour être fier de sa vie

L’idéalisation peut s’appliquer à des personnes, mais aussi à des objets ou à des souvenirs. Certaines personnes idéalisent leur passé. Le but ? Être fier d’un bilan de vie positif et pouvoir se dire « mon existence a eu un sens ». Si elles n’enjolivaient pas la réalité, certaines personnes en fin de vie seraient face à de bien tristes échecs et devraient établir ce terrible constat : « Quelle horreur, j’ai raté mon existence »

Le bonheur ne dépend que de soi

D’une manière générale, l’être humain idéalise surtout son travail, son partenaire et ses enfants. Il place beaucoup de rêves en eux. En agissant de la sorte, il oublie souvent que son bonheur ne dépend, en fait, que de lui-même.

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L’illustration est de Matthieu Loiseau. Merci à lui!

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